LA FLEUR DANS LA CAGE D’OR
21 août 2026 par vincent
« Ashes to Ashes, Dust to Dust… ». Les cendres s’en vont en poussière et la poussière deviendra cendres… Le cimetière où nous résidons mes sœurs et mes frères vampires, il me paraît davantage être un musée gothique, une élégante galerie d’art, à la fois ésotérique et poétique. Ce Père Lachaise est surpeuplé de touristes humains venant des quatre coins du globe, c’est paradoxalement le lieu le plus sûr pour garantir la sécurité des miens et ne plus jamais devoir fuir la barbarie des mortels. En dehors des cliquetis photographiques incessants de Japonais ou d’anglo-saxons aux heures ouvrées de visite, à part quelques bécotages de jeunes amoureux fans du poète Edgar Alan Poe, ou d’inconditionnels de Jimmy Hendrix…
Durant certaines insomnies que j’affronte régulièrement, je respire ce parfum de fleurs fanées qui se meurent progressivement. Le progrès est un synonyme du déclin mortuaire. Il émerge sur la dépouille d’une époque qui a combattu férocement pour y bénéficier de l’oxygène potable alors que les algorithmes déciment en masses.
Je respire cet arôme de fleurs mourantes depuis mon cercueil.
Les « faits d’argile » pensent être plus grands que le temps, cependant le temps est un conjoint de l’éternité avec un immense ‘É’.
Une fois effacé le « faits d’argile » est un corps inanimé qui ne peut plus compter ni sur l’argent ni sur sa pseudo situation sociale. Dans la mort les compteurs reviennent à zéro.
Oubliez votre place dans la pyramide hiérarchique, vous êtes un cadavre, vous êtes enterré à un emplacement de cimetières et l’argent vous a remplacé sans remords ni vergogne.
Les allées sont jonchées de corps en décomposition, les cadavres humains sont nécroses, putréfactions, jusqu’à devenir cendres puis ils sont de la poussière balayée par le vent.
L’apôtre Jean disait qu’entre la naissance et la mort il y avait un sens plus profond que d’ânonner simplement que : « la naissance n’est que le commencement de la mort ».
Sur ce point philosophique je suis d’accord avec lui.
Parfois je flâne la nuit tombée à travers les nombreuses allées du Père Lachaise, je contemple minutieusement les statues et les croix…
C’est certain que durant quelques siècles, les artistes maintenaient une discipline stricte en matière d’art, la magnificence et la beauté se devaient d’être immortelles, intemporelles et inégalables. Mais également, les œuvres se devaient d’être singulières et porteuses d’une morale ou d’une philosophie dépassant le dogme de l’époque de passage…
J’observais quelques statues de couples hétérosexuels… Un amoureux subjugué lequel s’abandonne à l’offrande de sa belle amante, enlacée sensuellement autour de lui…
Certainement un mariage qui a tenu ses engagements devant l’église et à présent ils dorment ensemble pour l’éternité… Ou bien c’est la tombe d’un couple promis à un amour interdit.
Souvent il était question de compatibilités aristocratiques, d’affiliation financière, de réputation perçue par la haute bourgeoise métropolitaine… Dans la mort deux amoureux sont autorisés à s’aimer et à s’encanailler par la vertu d’une galipette à l’érotisme nocturne.
C’est dans les bras d’une belle nymphe mortelle que je l’endors, l’impitoyable soif de sang… J’engourdis l’addiction, la nécessité de tuer afin de m’hydrater… L’appel à boire du sang frais afin que je demeure… Afin que j’obéisse à cette obligation glacée qu’est l’immortalité…
La sensuelle couche d’une fraîche jeune femme, ses divins attraits, goûts de délicate femelle… Ils sont primordiaux à mes yeux que l’appétit de sang et de mes pulsations de ténèbres.
En effet depuis que j’ai incorporé l’industrie des films pour adultes, notamment cette marque de prestige qu’ils nomment « Dorcel », j’ai saisi que l’érotisme conjugué à l’avenante sensuelle d’une femme, surtout de l’intimité avec les femmes, c’est cela ce que j’appelle être de la pureté à l’état de grâce…
L’onirisme, la quintessence curative, la résurrection de l’âme, je l’atteins par une étreinte coquine avec une douce mortelle… Une âme féminine qui s’offre à moi…
Une âme féminine qui s’abandonne à la fragilité de nos deux corps, le mien éternel, le sien si frêle, la délicate chair d’une mortelle. Ce sont elles qui me donne la rage de vivre. Elles qui me donnent l’envie, le courage d’accepter la damnation de l’immortalité… La condamnation à être dans la solitude d’une éternité, cloîtré parmi l’immensité… Confiné sur la Terre, où je ne reverrai plus jamais mes acolytes, mes frères d’ailes des neufs cent enfers sataniques.
L’enfer devenu le nouvel éden sur Terre, où le plaisir s’achète, où il se monnaye, où on le prêche en transactions, comme de vulgaires algorithmes côtés dans le temple de Wall Street.
L’industrie pornographique, les films de charmes ou les films pour adultes comme les mortels l’appelaient vers la fin du vingtième siècle, c’est vrai qu’elle paye bien mais elle a ravagée toute la candeur qu’est l’érotisme, la splendeur de cette grâce amoureuse dont notre souveraine éternelle, chère Dame Ténèbres, en est l’ambassadrice incontestée.
Chaque séance de tournage pour ma part s’effectue la nuit… évidemment… Je suis un figurant mais j’ai la ‘chance’ d’avoir quelques ébats avec la belle starlette du film sur lesquels je suis engagé. Lassé de boire le sang à la sauvette comme un sauvage, hanté inlassablement par cette cruelle mais récurrente absence de romantisme avec mes victimes, des jouvencelles happées dans les night-clubs grégaires. J’ai opté pour infiltrer ce milieu de cinématographes pornos.
Il me semble que c’est la meilleure, voire l’unique solution si l’on éprouve le désir, le besoin, celui de toucher, celui de caresser ce peu d’amour d’une femme, effleurer l’onctuosité charnelle d’une femme… Si tu es comédien dans le XXX, alors tu as une chance d’être regardé et d’être considéré dans l’équation d’une jolie baise avec ta partenaire féminine…
Dans le siècle actuel c’est devenu la croix et la bannière pour acquérir une émotionnelle tactique de caresse tactile sur l’élégante érotique d’une femme, celle qui te fais succomber.
Le sexe, l’attraction, la connivence sensuelle, conjugué avec elle et en elle, cela me fait oublier l’appel incessant du sang… Parfois je flirte régulièrement avec l’anorexie tant je ressens cette impatience à être près d’elle, d’être au contact d’elle…
L’impatience de ressentir ses courbes, de ressentir l’avenante coquine et si espiègle d’elle…
J’ai tant besoin de sentir le halètement saccadé qu’elle émet lorsqu’elle tremble de jouissance… Je suis trop impatient de la frôler lorsqu’elle vibre et que son corps de femme frissonne, elle si vulnérable entre mes mains de vampire…
Dès que la comédienne crispe ses muscles et qu’elle s’abandonne à la jouissance, succombant à mes baisers et à mes caresses, l’orgasme et la fragilité de ces femmes sont le meilleur requiem que m’offre l’existence. Ils conjurent les blasphèmes et les offenses que j’ai commis.
Je suis un immortel, perçu par la race des mortels comme étant un prédateur féroce, sans pitié voire sans âme… Les mythes et les mythologies ont la réputation d’une dur-à-cuire…
Cependant mon âme, elle devient une louange d’émerveillement lorsqu’elle contemple et lorsqu’elle chérit la nudité fragile d’elle. L’attractive jovialité sensuelle d’une jolie mortelle…
La plupart des comédiennes du XXX sont coutumières à incarner le rôle du préservatif corporel dans ces films « Dorcel », là où l’icône du plaisir valorise l’égo d’un bourrin, présumé ‘virile’… Moi j’assimile ces gugusses à d’imbéciles bonobos qui souillent et qui blasphèment l’érotisme d’une belle. Ces connards de « faits d’argile » sont abondamment servis en divines partenaires sexuelles aux courbes naturelles, à la fraîcheur indiscutable. Mais ces raclures de « faits d’argile » masculins persévèrent à baiser ces belles comme des orang-outan au zoo. Puis ils s’essuient sur leurs magnificences charnelles comme si de rien n’était.
Il est vrai que la demande de chaque production exige du bestial sensationnel… hélas…
La faim du sang me réclame, constamment le sang me rappel à l’immortalité… Je tutoie le chaos, j’alpague la frayeur, j’apostrophe l’enfer ainsi que la violence.
Je sais ce que c’est de vivre l’éternité dans la paroisse de la peur et l’église du sordide.
Et pourtant c’est moi, moi un immortel des ténèbres, moi qui devient comme un enfant lorsqu’il rêve à sa première fois avec la fille de ses rêves.
Celle qui danse dans les récits de ses flirts les plus interdits et des plus torrides.
Le sang m’appelle, il essaie de me rapprocher vers ma nature de l’obscur mais j’arrive à l’estomper. Escamper cette faim de sang qui est mienne, écarter cet appétit longeant mon être et mes pulsions vampiriques lorsque s’offre à moi, une douce et jolie comédienne.
Et davantage lorsqu’elle me révèle le panel de ses avantages de femelle, oh oui seigneur dieu, là je mets en sourdine les vacarmes de ma faim… En ‘mute’ comme disent les « faits d’argile »… Être regardé par elle, je regarde ses yeux et sa bouche… Souvent mes jolies partenaires ne voient jamais le rouge surnaturel dans mes yeux de vampire… D’un côté c’est plus efficace pour la discrétion et pour la préservation du secret des royaumes d’Éternels.
Pour moi c’est une amère tristesse de ne point effleurer « l’amour » de la part de cette femme sexy… Celle avec laquelle je ressens un profond et sincère plaisir à toucher sa fragile intimité…
Je suis peut-être familier de l’industrie pornographique, mais je suis une âme trop ancienne. Je prends de la jouissance en aimant intensément cette femme qui m’ouvre à la résurrection de mon âme lorsqu’elle s’encanaille dans un ébat de plaisir, lorsque je caresse sa chair d’elle.
Autrefois dans le lointain passé je trouvais comment m’hydrater tranquillement sans être inquiété par les autorités de Paris, mais également à Londres lorsque ma communauté de vampires devions fuir des hordes de chasseurs humains.
Certes j’ai pu découvrir l’art anglais et maintenant je vis avec tous mes frères et mes sœurs vampires dans la ville des lumières, Paris… Durant l’époque du moyen-âge, à certains moments, je travaillais dans quelques sanatoriums pour déments.
Certes je bénéficiais d’un drive à volonté et je n’avais pas le souci d’aujourd’hui avec le matériel de vidéo surveillance filmant tout sur le qui-vive constant.
Souvent pendant la nuit, dans ces asiles pour fous humains, c’était terriblement effrayant.
Roder dans l’ombre des bougies de l’époque, avec autant de hurlements agonisants des âmes internées à vie. Ces personnes qui furent ligotés voire enchaînés aux murs, la plupart incapables de trouver le sommeil, en proie à des nuées de visions cauchemardesques…
Effectivement je buvais à l’aise, personne ne se souciait des cadavres vidés de leur sang au petit matin, mes victimes terminaient dans les sous-sols du sanatorium.
Ensuite les blouses blanches se chargeaient de les cramer illico presto.
Je payais plus cher le prix de ma soif indispensable… Entre les hurlements, les tortures que les internés s’infligeaient, notamment avec la complicité des chaînes qui les scotchaient au mur.
Parfois j’étais presque écœuré d’aller mordre une nuque pour survivre une nuit de plus, car l’étendue de sang et de chair charcutée de ces âmes condamnées à vie dans ces asiles psychiatriques, ça m’était insupportable.
Cependant j’étais forcé, contraint de vivre et d’aller boire si je ne voulais pas mourir.
Un autre détail m’avait frappé lorsque je travaillais en free-lance dans ces prisons sanatoriums, je voyais un enfer presque aussi barbare que nos neufs cent enfers sataniques, un enfer présent sur Terre, mais plus encore, les internés manifestaient, ils exprimaient même, un besoin atrocement thérapeutique d’émotions, une thérapie de tendresses prodiguées par une gente féminine, une guérison doucement sensuelles appliquée par ces jeunes et jolies infirmières qui travaillaient dans la journée et dont les instances des sanatoriums leur avaient missionner de s’occupaient des intendances, les corvées de l’établissement trop sordide.
Les internés, des âmes plus damnées que nous-mêmes puisque prisonnières à vie entre ces murs blancs à l’arôme de mort, ils évoquaient presque le passage d’un ange de dieu lorsqu’elles traversaient les couloirs vétustes du mouroir psychiatrique.
Ils en parlaient de ces jeunes filles comme une venue prophétique, un miracle messianique, une révélation, une résurrection tant espérée mais qui ne viendrait jamais…
En effet ces jeunes infirmières, dont beaucoup furent issues d’une lignée d’aristocratie portée sur la religion sévèrement catholique, voire pratiquant l’intégrisme dogmatique sur le compte de Jésus Christ. Ben voyons… Petit à petit je compris à quel point l’érotisme qu’exercent les femmes, en tout cas cette science qu’elles savent manier, c’est un véritable miracle créé par Dieu. Moi-même j’étais pris en otage avec mes carences de sensualités charnelles, je ne me contentais uniquement d’assouvir mon ivresse de prédateur vampirique en orchestrant autant de violences lorsque je tuais. Assassiner les humains avant de les boire cul-sec.
Dans la pénombre, entre deux drive de sang, je regardais ces lugubres couloirs éclairés de bougies fatiguées, j’écoutais les hurlements de folie et d’autres cris suppliant d’être touché par les anges infirmières si sensuelles que dieu envoie au rayonnement du soleil…
Un soleil qu’ils ne reconnaissaient plus d’ailleurs.
Seules les ténèbres de leur conscience étaient de l’omniprésence…
Des fois je regardais la belle lune rousse étincelante derrière la lucarne des longs couloirs de l’asile. La lune, elle était sublime, sa beauté transcendait les vociférations de la folie et de toute l’agonie forgeant la misère sexuelle, celle-ci davantage plus cruelle et prédatrice que les humains en blouses blanches qui, eux, ils prenaient plaisir à humilier les internés enchaînés dans les cellules… Les fous étaient entourés de leurs excréments et de l’urine qui accompagnaient leur corps meurtris et ligoté au mur de leur cellule.
Point de lit pour dormir, uniquement un paillasson intact puisqu’ils étaient enchaînés au mur.
Dès que je rentrais pour éviter d’embrasser la lumière du soleil et m’endormir avec mes frères et mes sœurs vampires, au cimetière du Père Lachaise, déjà j’étais heureux de retrouver un lieu si beau et beaucoup moins mortifère que ces sanatoriums de l’horreur.
En plus j’étais chez-moi dans ce Père Lachaise. Nous avons adoptés ce cimetière truffé d’œuvres artistiques comme notre bien-aimée résidence attitrée, pour toujours et à jamais.
Mes sœurs vampires et mes frères vampires, nous étions en sécurité, nous nous sentions réellement en sécurité ici même. Nous dormions enfin sans être tétanisés par la paranoïa, ni par l’angoisse d’être encore contraints à fuir, à échapper une énième fois la barbarie de « faits d’argile ».
Il y a aussi la gentillesse de mes sœurs vampires, elles me prodiguaient de l’affection, elles me réchauffaient le cœur, elles savaient la façon dont j’allais me trouver à boire. Obéir à l’imparable soif, celle qui nous garantit l’immortalité. Celle qui nous évite de perdre la raison.
Parfois je me confiais à elles, je leur avouais que j’avais également besoin comme ces putains de « faits d’argile » d’avoir la sensation d’être caressé avec indolence érotique de la part des femmes, j’expliquais que je ressentais cela comme un acte de foi massif et que la grâce d’un ébat fougueux mais amoureux était là le véritable miracle de l’éternité. C’était ça qui permettait d’atteindre la résurrection, d’effleurer une forme de pardon divin, et à mes yeux d’Éternels, pour l’éternité toute entière. Certaines de mes sœurs étaient d’accord avec moi.
Le silence des flammes lorsqu’elles s’enlacent à notre âme, être consumé, tourmenté par la torture de nos pensées, puis torturés par la tourmente de nos incertitudes… Trouver une quelconque échappatoire en exerçant panels de violences et m’hydrater de sang frais…
Ressentir l’extase, ce tendre refuge par la douceur sexuelle d’une attractive jouvencelle… Bien que l’exercice demandé par une production « Dorcel » me paraît ressembler à ces châtiments éternels qu’ont recours nos frères d’ailes damnés, pratiqués aux enfers sataniques.
Pourquoi recruter autant de jeunes et jolies femmes, toutes si charnellement pures ? Une beauté à l’ode de la fraîcheur, une beauté obéissant à ce parfum de l’excellence ?…
Pourquoi ce choix de casting si pour finir elles seront dégueulassées par des gros rustres qualifiés de : « hommes », puis réduites à des préservatifs pour bonobos de « faits d’argile » ?
La modernité gangrène chacune des valeurs humaines, ces mêmes valeurs dont les « faits d’argile » se gargarisent à longueur d’époques, surtout lorsqu’ils traquent des ‘créatures’ de la nuit. Les superstitions sont équivalentes à des stock-options pour nous éliminer, notamment lors du moyen-âge. Mes frères et mes sœurs vampires avons passés tellement de siècles à fuir la tyrannie humaine… Un exil derrière l’exil originel… D’abord Dieu, puis la création de Dieu.
Pourchassés, nous avions dû traverser le monde entier afin d’échapper aux superstitions, très souvent façonnées par la diatribe de prêtres stupides qui sont à la botte de papes imbéciles.
L’église incarne une maquerelle idiote, elle l’imite en tout cas. L’église est l’entremetteuse qui va mandater ses bonnes gagneuses dans le but de tapiner un maximum d’abonnés.
La religion a besoin du Mal et de la haine si elle veut survivre.
Pendant de longues années je m’adonnais à traquer et à tuer, moi-même, nos assaillants, les chasseurs humains.
Durant plusieurs siècles j’étais omnibulé, obsédé, enivré, j’étais ivre de ‘possession’ par l’attrayant goût du sang. J’étais accro à cette saveur de l’adrénaline, d’infliger peurs et violences à toute l’espèce humaine.
Je n’avais d’alphabet que pour y conjuguer des actes de vengeance meurtrière.
J’effrayais certains de mes frères et mes sœurs vampires. Je survivais en reclus des miens.
De messes noires en offices catholiques, ou services protestants, je chassais de l’humain.
Certains crurent que la Peste Noire sévissait à travers toute l’Europe. Mais que nenni, c’était moi qui me nourrissais. À la fois du sang mais également d’une abondance à la violence.
Je kiffais d’exercer de la terreur sur des « faits d’argile », j’adorais qu’ils tremblent de frayeur autant qu’ils nous paralysaient de trouilles. Ça suffisait, nous étions harassés de fatigue.
L’exil, la fuite, de pays en pays, de guerres en guerres, de caveaux en tombeaux, nous rêvions de trouver un havre de repos. Désormais nous vivons en harmonie dans l’incroyance des « faits d’argile » sur notre existence. Notre existence à tous, anges damnés, anges de la mort, anges de Dieu, anges des ténèbres devenus vampires, et même Dieu lui-même ne fut guère épargné par l’incroyance des humains. La plupart des fidèles de son église, ils ne prient pas le tout-puissant mais un dogme érigé d’une main cléricale, ce qu’on nomme : l’église catholique.
D’ailleurs c’est de la même théologie qu’avec l’industrie du cinoche porno, puisque les comédiens forniquent comme des cochons qui se roulent dans de la gadoue, laquelle se trouve bondée par leurs propres excréments.
Je suis hébété en ayant découvert un milieu où les femmes sont castées très belles, très sensuelles, très fraîches, trop raffinées… Des femmes trop pures et trop sublimes pour s’asservir au dogme de « phallusards » crétins…
Des femmes qui sauraient enseigner l’art de l’érotisme, comme des saintes missionnées par notre Vénus des obscurs, la déesse des anges déchus, chère et douce Dame Ténèbres…
Mais ces belles comédiennes se contentent d’être « honorées » par des ébats de gorilles sous-développés qui les peinturlurent de foutres, comme si elles n’étaient qu’un usage de kleenex.
Flâner de cauchemars en désespoirs, l’insomnie me remémore de nombreuses nuits à fuir des langues fourchues, qu’elles soient d’ecclésiastes ou de mouvements de foules.
L’étroitesse dans mon cercueil, le confinement de chaque journée cloitré dans le caveau secret où nous séjournons… Ce silence angoissant, la lenteur de chaque heure…
Chacune agonisante… Chacune aussi paralysante…
L’intensité, la frontière entre ce précieux songe, une bienveillance de tendresse avec quelques jolies mortelles. Puis l’autre rive, celle où il y’a ma réalité d’être un ange vampirique. Ma nature de la nuit, créature des ténèbres. Complice avec mes frères et mes sœurs vampires du grand projet secret élaboré par Dieu tout-puissant… Coincé entre la splendeur du surnaturel et la douleur d’un émoi charnel avec ces belles… Souvent, je me malmène l’âme en visitant quelques messes, des veillées catholiques avec l’entrain d’un curé qui a eu la main lourde lorsqu’il dosait le « sang du Christ » en buvant cul-sec le premier, la communion journalière.
D’ailleurs j’ignorais que le vin blanc du supermarché sert d’incarnation christique à l’office religieux. Peut-être que les auréoles jaunes vifs de Dieu font des ristournes sur la vinasse divine achetable sur internet, qui sait ?!… Et bien que j’essaie à me discipliner, à rester attentif durant les diatribes d’un cureton qui s’émoustille, une vraie pile électrique. Comme le despote allemand sous amphétamines sévères. Je ne sens pas l’indolence qui est promise par le Ciel.
Je n’acquiers la paix uniquement lorsque la caresse sensuelle d’elles effleure ma peau.
Quant à ma soif, l’appel de sang frais, lui il me réclame constamment. Il me rappelle à ma nature obscure de vampire, à mon obligation d’Éternels.
L’immortalité est un prix qui ne concède aucun crédit. Malheureusement la sensualité d’une femme c’est également devenue une facture qu’il faudrait régler et nulle prière n’est acceptable… Surtout pour des immortels qui furent chassés du royaume céleste par Dieu lui-même.
Le sexe avec une femme c’est devenu un enfer, encore plus détestable que l’enfer lui-même.
Pourtant nul être ne peut y résister, nul n’est censé y échapper. Il faut payer pour être sauvé.
Mes sœurs vampires savent parfaitement quelle peut être la puissance de l’érotisme d’une femme qui le pratique avec : talent, expertise, et parfois avec brio.
Pas mal d’anges de Dieu ont choisis de se donner la mort. Ils se sont suicidés en se défenestrant volontairement… Rappelez-vous le fameux dicton du « saut de l’ange », plongeant hors du paradis et brûlés par l’étreinte carbonisant de l’oxygène de la Terre…
L’amour que certains anges du Seigneur ressentaient pour mes sœurs vampires, l’attrait de l’érotisme qui les possédait et qui les suffoquaient… S’en était si fort que le serment d’allégeance fait au tout-puissant ne leur suffisait plus… Ils ont optés pour se donner la mort.
Ils ont plongés, ils ont embrassé le suicide. Vivre séparés loin de mes sœurs vampires c’était pire que d’être éternellement vivant. Pire que d’être immortel, prêt à servir Dieu, à lui obéir.
Durant quelques décennies je subissais mes émotions, je répondais à mes besoins de l’érotisme par une résilience, la discipline que sont les sévices d’annonces tarifés.
Les filles sur les trottoirs parisiens n’étaient pas suffisamment plaisantes, l’ébat était trop strict, trop bref, trop animalier voire robotique. Ça n’apaisait pas ma soif de sang humain, la saveur de vivre le Mal, de l’infliger, d’en goûter la jouissance des ténèbres, en accord avec ma nature obscure, na nature d’ange damné, ma nature de vampire.
L’appel du sang était majoritaire. Le sang était même prioritaire.
Surpassant et déclassant n’importe quel délice présent en ce monde.
Peut-être sommes-nous les Éternels, des immortels, nous sommes des êtres à la flamboyance de l’éternité, nous maîtrisons la candeur surnaturelle des ténèbres.
Nous survivons grâce à la pénombre de ce monde. La soumission exigée par l’existence ; cloîtré à rechercher une guérison sexuelle par un panel de charmes chez une femme.
Le système d’humains, des raclures qui endoctrinent les joies de la chatte dans la facture à régler… Maudit soit leur argent chéri. Maudits soient les humains ; nos tortionnaires absolus.
C’est pour cette raison tragique et désespérée que j’aie pris l’initiative d’infiltrer l’industrie pornographique. Et cela dans l’objectif d’être aimé, d’être touché, d’être baptisé par l’extase d’une nymphomane aussi câline qu’une féline séductrice.
Il n’y pas qu’aux Enfers où l’ont rebaptisent des âmes défuntes dans le Styx, par les anges de la mort, pour y renaître dans le livre des trépassés.
Nous même vampires nous avons l’opportunité d’être racheté par l’amour d’elles.
Nous pouvons ressusciter grâce à l’orgasme d’une femme, une humaine qui ressent du plaisir sexuel connecté à notre amour, à notre romantisme. Nous sommes supérieurs à ces humains qui exagèrent à en faire des caisses avec la taille de leur robinet à pisses.
Se malmener l’amour à coups de reins, balancer quelques gifles sur les seins de sa partenaire, comment peuvent-ils gifler cette grâce des femmes ?!! Quelle hérésie !!! Les seins des femmes sont les saints que mon âme a élus. Les seins des femmes sont l’onctueuse lumière qui embrasse ma nuit. Les seins d’une femme sont la quintessence féminine. Ils sont la vie !!!
Les humains sont l’aberration de la création. Les saltimbanques du XXX n’ont rien compris à l’art qu’ils sont censés incarner à l’écran. J’ai vu et revu des comédiennes ingénues se faire passer pour des déesses, alors qu’elles n’en ont pas l’envergure, ni même la mentalité d’ailleurs… Il n’y a que Dame Ténèbres pour être une réelle Divinité… Une éternelle déesse.
Ce n’est certainement pas ces petites crétines toutes obsédées par l’accumulation d’abonnement sur leurs comptes Instagram, OnlyFans ou encore Snapchat qui seraient aptes à ‘rivaliser’ devant la grandeur immense de notre reine obscure…
Notre Vénus de la Nuit, chère et douce Dame Ténèbres…
Un dieu ou une déesse ne se soucient pas à faire payer pour une adoration, ou même à faire payer une éternelle dévotion de leurs fidèles… Non. Les dieux et les déesses sont vénérés, ils sont loués en permanence. Une continuelle abondance de louanges et de révérence.
Les fidèles sont heureux d’adresser leurs prières et leurs requêtes aux Divinités de leur choix.
Est-ce que j’ai infiltré le milieu adéquat ? Parfois je m’interroge… Pour parvenir à ressentir un brin d’amour avec les femmes, ressentir la caresse charnelle des femmes…
J’assiste à des reconstitutions de combats de catch, sauf que la production « Dorcel » considère qu’il est question de scènes de charmes, les guerres au moyen-âge étaient moins cru et moins cruelles. Parfois les ébats me semblent étranges, j’ignorais que l’humiliation avec un zest de spéléologie écœurante était sollicitée par l’audimat de « Dorcel ». Curieux l’humain…
D’autant qu’il est question de s’abonner pour contempler des actrices se faire bastonner puis utilisées comme de l’essuie-tout pour robinet des bonobos humains. Vraiment étrange le « fait d’argile »…
Je ressens davantage un mantra de violence, de perdition spirituelle d’eux et d’elles ici. Ce qui me fait sursauter c’est de m’apercevoir qu’elles sont demandeuses à être malmenées par les « faits d’argile » lequel imite un bonobo sodomisateur d’une vulgarité sans nom.
J’ai observé les ébats fougueux d’humains sur plusieurs lignées de siècles. Les rustres étaient autant issus de l’aristocratie que de la pauvreté. Parfois j’entendais plus d’érotisme dans la culbute d’un couple de fermiers au moyen-âge que dans la couche nuptiale d’une aristocrate coincée et hélas monnayée par deux familles pendant le siècle des lumières.
Des familles bourgeoises cherchant leur intérêt, à la fois orgueilleux, égoïste et ivre d’avarice pour mieux aller se vautrer dans la maille familiale, conjuguée et sectarisée pour la noblesse d’une caste royaliste… Et tout ça sur le compte de la virginité sexuelle de leur jeune fille, fraîche et parfumée d’érotisme… Même dans certaines messes noires les vierges sacrifiées prenaient leur pied dans la pénétration de la dague cérémonielle car elle s’offrait à la mort pour jouir de plaire à une cause, stupidement, mais elles en mouillaient véritablement.
L’ambition et le besoin d’être populaire était l’argument recruteur et imparable pour convaincre quelques vierges effarouchées, suffisamment cruches pour se laisser tuer en offrande au prince des ténèbres. En réalité il s’agissait d’une assemblée d’humanoïdes, des satanistes du dimanche, chacun assoiffé de surpuissance acquise par de la tricherie.
Parce qu’ils avaient chouravés plusieurs grimoires d’occultismes dans les bibliothèques d’églises, principalement catholiques pour la plupart. Les humains sont des incultes, ils n’ont aucunement la maîtrise des Ténèbres. Ils en souillent même l’essence, la profondeur, la grandeur que représentent les forces de l’ombre. Je revois le même scénario du moyen-âge avec l’imitation pathétique d’une industrie 2.0 du cinoche pornographique, la gaule en moins.
Plus le sacrilège est effronté sur le ravissement d’un corps de femme qui servira d’éponge à de la verge masculine dans l’objectif marketing d’y vanter l’ego d’un humanoïde. Ce chimpanzé à caricature ‘virile’ se croit superstar de cette industrie de la « chatte filmée » puis tarifée sur les plates-formes de smartphones. Ainsi nait un mythe merdique du « veau d’or ».
« Ashes to Ashes »… Les « faits d’argile » forniquent comme des animaux sans éducation… « Dust to Dust »… Le monde est désormais un cendrier gavé de poussières, toutes si désespérantes les unes des autres…
La vie se traverse si courtement, la mort frappe sec et prononce un deuil, plusieurs deuils, énoncés comme sentences. D’un éloge à l’infinie tristesse pour ceux qui restent figés au cœur du brasier. Comment l’acte d’un plaisir immense et d’une science tous deux rédempteurs ne peuvent-ils ranimer des êtres éphémères voués à une décomposition programmée ?…
Ces humains qui se gargarisent dans le bluff du cinéma pornographique, de par la jeunesse de leurs apparences, par la prêtrise de leurs applications de smartphones, ils pensent naïvement rester éternellement beaux, jeunes et immortels et par conséquent ils agissent en vantards sans réfléchir à leur dire. Ils prêchent et conditionnent qui est beauté et qui sera laideur. Ils sont les agents écervelés, rabatteurs de la dépravation moderne, ils sont les diacres de l’argent.
Je suis un ange parenté des Éternels, bien que l’immortalité soit mon immunité.
Je suis conscient que les « faits d’argile » ne sont que des carcasses de chair en putréfaction permanente, seule l’hygiène pratiquée sur leur cadavre déambulant, dans une douche, fait office de talisman provisoire pour retarder l’accès d’un décès, puis aller dans le baptême du Styx pour être enregistré sur le registre par mes frères d’ailes les anges de la mort…
« Ashes to pouffiasses et trimards to Dust »…
Le vent balayera de la poussière avec quelques cendres, sans faire de distinction particulière.
Bien qu’immortel, à chaque deuil de mes espérances, une part de moi-même s’éteint puis finit par se mourir. Tel un papillon qui se symbolise en un nouveau chaos, je sors d’une chrysalide, je quitte une mort pour embrasser une nouvelle mort…
Ainsi qu’une énième mort, puis encore une autre, etc… etc… etc…
J’enlace le trépas de mon âme, avec aisance j’abandonne une part d’espoir… À chaque fois que le temps et le silence gagnent sur moi, la résilience ressemble à un damier imparable. Une fois mon être soumis, mon âme se meurt de nouveau… Le papillon se confine dans une autre chrysalide, l’insomnie agite ma mue dans mon cercueil. Puis à la nouvelle nuit le papillon vampirique ressemble à ses victimes de l’hydratation… Glacé et enjoué d’exercer la violence.
Je me dévêtis de chaque passion. Lascivement je deviens aussi froid que les cadavres exsangues jonchant la traversée de l’immortalité, dont pas à pas j’effectue le sentier.
C’est comme l’histoire avec ce petit poucet, ce personnage figure des comptines pour enfants de « faits d’argile ». Sauf que je laisse des corps d’humains vidés de leur sang derrière moi.
Au lieu d’y retrouver mon chemin, je me perds plus intentionnellement…
Je me noie l’âme et je m’allonge dans l’égarement de soi… Se perdre semble un remède à se pendre… Petit à petit la métamorphose agit au degré des siècles… Le caprice d’âges l’exige.
Le papillon prend forme dans une quintessence à la disgrâce. Nous sommes ces anges parias de Dieu et au fil de la vie, celle des gens qui la composent, nous finissons par devenir l’image glaciale qu’ils ont gribouillée dans leur bible à caractères de haine made in « faits d’argile ».
J’étais un ange des ténèbres si plein de vie… Si plein d’espoir… Confiant en la vie… J’étais.
Mon cœur est un chœur aux pastelles assombries de ténèbres… Cependant mon cœur, il déborde d’espace pour y accueillir tellement d’amour… Autant de sentiments que de bienveillances envers ces êtres féminins… Qu’elles soient mortelles ou immortelles…
J’ai fréquenté tant d’infréquentables par-delà l’éternité… Depuis l’exil avec mes frères et mes sœurs vampires, j’ai goûté à la diction de ma soif. Une soif addictive et implacable si je veux continuer de vivre… Puis je fus séduit par la folle ivresse d’elles, l’aile d’un appétit de sexe avec les femmes… Tourmenté je l’étais et torturé je le resterai à tout jamais…
Je tangue entre l’appel du sang et celui, irrésistible, d’une caresse sensuelle avec ces belles…
« Cette belle femme… Elle qui est d’une fraîcheur attractive, elle qui revêt avec légèreté, d’une délicatesse naturelle… ». « Elle est vêtue d’une robe, façonnée de pétales. Elle est enflammée par l’arôme d’une coquinerie fortement érogène… ». « Sa gestuelle, sa posture, la belle parfume les fragiles battements émis discrètement par mon cœur, ce même cœur qui s’exécute intérieurement… ». « Mon cœur est muet dans la stratosphère d’elle, dans la sonorisation de cette jouvencelle. Paralysé mon cœur se cloître de stupide frayeur… ».
« À sa manière mon cœur l’appelle, il la recherche, il aimerait céder à la tentation avec elle, il désire s’affranchir afin de plaire à cette jolie fille… ».
« Il voudrait oublier la trame, il souhaite effacer le drame… ». « Mon âme elle désire chanter l’esquisse d’une exquise caresse par la belle jouvencelle… ». « Une mimine tant féminine, une main de jeune femme qui enlacerait ma carcasse de chair… ».
« Une viande morte, droguée aux psychotropes. Une viande emprisonnant ce cœur qui est miens… ». « Un corps éteint, internant mon âme à travers l’effroyable sanatorium qu’est une rassasions de survivance journalière… ».


