L’ANGE PASSE (Chroniques Des Ténèbres)
21 août 2026 par vincent
L’absence est fructueuse, le silence se monnaie, l’obscurité travestie l’obscurantisme de rituel en rituels. Invisible j’assiste depuis des lustres aux messes noires des singes fous de Dieu tout-puissant. La décadence s’agrandit en obsolescence, cela à chaque changement de décennies.
Au fur et à mesure que les siècles gangrènent l’Œuvre du Très-Haut, au fur et à mesure que la pestilence des furoncles humains dégueulassent la noblesse satanique des enfers, neufs royaumes de contestations vis-à-vis d’une peinture humanoïde qui vénère le vide et revend l’orgueil bien plus narcissiquement et agressivement que notre Roi bien aimé, nôtre porteur de lumière, cher Lucifer, lui qui nous a inspiré à décliner la danse absurde d’une obéissance saugrenue envers sa création, laquelle se ferait une joie de détrôner Dieu tout-puissant pour infecter ses propres cantique rhétorique, règlement sur un équilibre qui n’a pas de loyauté ni fidélité à la nature des équilibres.
Tapis dans l’ombre de leur ordre des ombres, j’observe, je mate le spectacle d’une cérémonie aussi lancinante et lascive que ses prières noires sont devenues grises.
Seigneurs et Saigneurs, des fourmis jouant à l’olympe des dieux obscures, cherchant à prouver l’inutilité de nos royaumes coexistant, qu’il s’agisse de la Cité d’argent ou de nos cercles d’anges déchus, Dieu que la stupidité venant de la peinture du tout-puissant me fait éjaculer un sourire de par leur grande bêtise.
Je ne suis ni un fantassin ni même un messager des ténèbres, je ne suis qu’un ange damné appartenant aux neufs enfers. Je ne suis rien si ce n’est qu’un modeste ange des ténèbres, malgré mon inutile grade je suis fier d’être un ailé noir au blason de la contestation.
Lorsque j’ai besoin d’air et quitter d’hurlants brasiers sataniques, je viens me distraire mon œil d’immortalité et j’observe les singes fous vêtus de suaire noir jouer une tragique commedia dell’arte sacrificielle dans une abbaye à l’abandon, crasseuse et fournies en rats et insectes venimeux. Certains bafouillent leur prieuré Luciférien et tuent de travers la pauvre vierge attachée en sacrifice ecclésiastique inversé.
Dommage cette fraîcheur charnelle très féminine méritait mieux que d’être gaspillée en viande tartare pour égayer quelques moutons stupides complètement obsédés par l’ignorance de leur propre reflet décadent de prêcheurs détournés et rebelles vis-à-vis des bibles de dieu.
Notre cher Créateur a été occupé à brouiller ses voies impénétrables dans un milliard d’échos cacophoniques, des transactions de pages biblique à tout va, en veux-tu en voilà.
Des religions comme des stocks options pour affluer un marché de croyances farfelues ou déglinguées histoire de noyer le poisson dans le poison des singes attardés qui composent la chère peinture du Créateur Éternel.
Pendant que les Lucifériens enfantins sont occupés à ritualiser grégairement leurs messes grises, entre mon sourire éjaculatoire, dans le mouvement de mes yeux d’éternités usées par l’immortalité, je fais jongler des tourbillons enflammés et des silhouettes d’âmes torturées auxquelles je suis consacré à réellement officier et croyez-moi là ce n’est pas une tragédie à la Grecque de supermarché, non c’est un artisanat qui s’opère depuis plusieurs Diables et milleniums. On a bâti et rebâti le pandémonium depuis chacune des formations démoniaques en termes de tortures d’âmes. Le mal est une science que nous apprenons de la bouche des humains eux-mêmes, oui monsieur, c’est l’humanité qui nous apprend tout le Bescherelle du bon démon. En matière de trahisons, de tricheries, de meurtres, de cupidité, de dénaturation dégénérative de la nature, oui monsieur c’est l’être humain qui est champion toute catégorie.
Je les regarde, mes yeux font danser les chandeliers du désespoir autour de mes pupilles, je suis les gestes des singes fous jouant aux prêtres du Diable.
Souvent je repense à certaines filles sacrifiées sur l’autel poussiéreux, c’est vrai que je les trouvais jolies et attractives. En enfer les anges des ténèbres n’ont pas l’occasion d’être papouillés par la compagnie d’attrayantes jouvencelles, ce privilège est réservé à l’armée solaire de Dieu tout-puissant. En échange d’avoir assassiné nos aïeux ailés lors de la bataille des royaumes immortels, quand il était question d’établir qui décidera d’acquérir le pouvoir de l’équilibre, deux armées distinctes ont succombé à la démence de chaque couronne.
Les ailes ensoleillée ont été des bouchers sans remord, nos aïeux ont pris une satanée branlée qui les a d’ailleurs élimés jusqu’à incarner la pénombre de leur obscure noirceur jadis quand les réunions de travail du St trône surchauffait à bloc dans le développement de managements d’équilibre et d’Éden. Même le jardin si cher à dieu c’était un champ de taupe puisque le premier singe de dieu fumait l’herbe et les plantes avec sa stupide compagne Ève.
Chaque visite de dieu avec ses deux singes hilares sous l’effet de la fumette, le serpent n’a pas été en difficulté pour les convaincre de bouffer le pommier sacré.
L’éternité ne reconnait ni pardon, ni regret, sa froideur incarne la grandiloquence du ‘Mal’.
La chute exécutée, nous avions la fierté, la sensation immense.
Avoir refusé l’obéissance programmée, un effet papillon à la saveur d’un lessivage de groupe.
La peur au ventre nous explorions des ères inconnues. La flamboyante candeur esthétique des ténèbres, telle une femme gothique dont sa sensualité nous nargue narines et sens d’immortalité, celle-ci qu’on avait désigné « chère héroïne », les Ténèbres, nous étions follement amoureux d’elle. Nous les anges déchus, nous étions chacun ses amants et chacun des ailes de l’enfer était cajolé, consolé et aimé par cette belle et exquise Vénus obscure.
Chaque séance de leurs messes grises, les singes de dieu bafouent, ils souillent la somptuosité de notre belle et tendre héroïne, Dame Ténèbres.
Madame Ténèbres, ma jolie dame des Ténèbres à mes yeux déchus amoureux d’elle.
Toujours invisibles aux yeux de ces ritualistes du dimanche, silencieux dans la pénombre et attentif à leur cirque comique d’ecclésiastes inversés cherchant à offenser le Tout-Puissant vissé sur le trône des Cieux, incontestable et incontesté depuis l’aube des éternités.
Les satanistes du dimanche se pensent plus rois que le couronné d’emblée il y a mille éternités, plus divin que le premier de tous les dieux existant et ceux façonnés par des égrégores foirés, même les égrégores falsifiés, des divinités travellos sans valeur ni noblesse, ceux qui dénaturent les cierges et fabriquent un gâchis de prières avortés.
Hélas je me contente du spectacle accessible hors des gifles de souffres et des vacarmes horrifiques dans le cercle satanique où je m’affaire à défaire l’espérance d’âmes trépassées et dont elles pensaient être des « king of the world » indéfiniment, sauf qu’avec nous la facture est à régler tout de suite et en streaming continue. Mon regard de flammes porte le deuil de laisser pisser ces bipèdes sur l’ensemble de nos prestiges.
Même si nous sommes les anges renégats, même si nous sommes les Refusés, les opposants contestataires de dieu, nous devons attendre la cuisson à point de leurs âmes.
Dans l’ombre de la messe noire, mes ailes discrètes, mon visage caché par un suaire noir des enfers, seuls les flammèches dans mes pupilles oculaires se manifestent, je regarde dans l’obscurité du silence les ritualistes du diable, leur diable, pas notre prince.
Ils bafouillent leurs versets écrits et réécrits, comme un lave-linge qui fait plusieurs cycles de lessivages. C’est amusant quand même parce qu’ils vocifèrent contre l’église, pourtant ils agissent exactement comme les dogmatiques abrutis du Vatican. Nous en enfer on les a surnommés les « french-cancans » tellement leur bêtise érige l’adjectif navrant que les « faits d’argiles » de dieu sont finalement. Ça en revanche ça nous fait chaud au cœur, parce que nos aïeux sont tombés exclus de la paix pour avoir refusé de s’agenouiller devant les humanoïdes attardés, pleins d’excès, d’arrivismes, et surtout ivres assoiffés du péché tant redouté par dieu.
Je tutoie le blasphème, un doux privilège, comme la rose que « Dame Ténèbres » nous offre.
Notre pin-up à nous. Notre Vénus obscure. Un désespoir en appelant l’autre, la duperie est une promesse à la demande. Et les moutons suivront bêtement le premier prédateur à l’horizon. Répétition infernale jouée à l’infinie, la partition d’une perdition.


