DANS LE LABYRINTHE
21 août 2026 par vincent
Perdu au fond des limbes, noyé d’interrogations, emmitouflé dans les peurs et les doutes…
Je regarde l’absolu vide… Néant vertigineux, glacial et paralysant. Aussi profond que terrifiant, quasi sidéral. Un néant labyrinthique qui rappelle à l’ordre.
J’entends les voix oubliées venant de ce gouffre inquiétant… Ces voix font écho à la surface…
Elles appellent n’importe quelle âme susceptible de prêter attention à celui ou à celle qui agonise, tout au fond du puits abyssal de cet effroyable néant glacé… Sans elle…
Dans ce labyrinthe se cache la peur, étouffée par l’obligeance de rigueur. Dans ce labyrinthe les pleurs se dissimulent sous le choc psycho-thermique qu’est la vérité devant soi.
Enfants de la nuit, prélude aux excès. Rejetons du Soleil, posture d’un présent alternatif… Solstice du déclin, éveil de l’éclipse, chute vertigineuse dans l’apocalypse…
Fenêtre ouverte sur la symphonie des souffrances, décomptant mes cicatrices à travers cet univers souterrain, un gouffre trop labyrinthique, ici-bas… Obstrué dans la profondeur de ténèbres où personne ne voit personne… Où personne n’est personne…
Au fond du puits, dans ces limbes, la mort accompagne vos pensées, elle chuchote ses alphabets séducteurs… La mort essaie de vous corrompre, elle essaie avec lourde ténacité.
Écho de mes peurs, écho de la nuit… Écho de mes pleurs, écho de l’horreur… L’horizon est une peinture de fin des temps… Écho de la folie, solstice d’hérésie. Éclipse du blasphème…
Écho des angoisses, voix au fond, agonisantes, sur sous-sol dégueulasse…
Écho de l’enfer, écho des ténèbres… Mon orgueil, ma fierté, mon égoïsme me révulse alors qu’ils m’ont sanglé dans la pénombre des occultes ombres…
Écho du néant, ici-bas la victime ainsi que le coupable sont moi-même.
Au fond du gouffre, dans ce néant labyrinthique, je plaiderai coupable… Je signerai mes aveux des plus crasseux, les plus sordides, les plus de ce qu’ils voudront, du moment qu’on me laisse partir… Je veux m’enfuir hors d’ici et sortir de ce labyrinthe. Acquérir un exil à survivre.
L’horloge passe et trépasse au fond de ce puits sidéral aux consignes stérilisées ultra précises.
Les soleils séduisent nombre d’anges perdus. L’éclaircie pervertit nombre d’anges déçus.
Résilience devant les conséquences de mes actes… Briser le silence d’obédience face aux siècles d’abstinence… Déchirure à l’espérance bafouée…
Bestiales sont les promesses inaugurées sur l’autel immatriculé… Des mensonges électoraux comme calice à communier en masse…
Perdre pied dans ce vide abyssal, inspirer les quelques braises qui survolent partiellement au-dessus du gouffre, un néant qui s’est aseptisé de tout sentiment… J’ai regardé, une fois encore, la mort droit dans les yeux. J’ai vu que les flammes se taisent devant eux. Elles s’inclinent instantanément, elles se prosternent face à eux. Même les ombres marchent en rang et en mutisme disciplinaire. La peur cadence le pas, ici-bas, dans un vide béant d’âmes scarifiées.
Oublions toutes mondanités, idem pour l’exam des formalités. Ici c’est encore plus froid que l’enfer. Ici-bas, c’est un peu plus en-dessous que l’enfer. C’est plus noir et plus scabreux dans l’effroi. Dans ce néant terrifiant où je me glace le sang… Les hurlements s’égosillent à foison tout en bas. Ils s’entrecroisent dans un trafic effarant ; à savoir « qui m’écoutera ? Qui va prendre soin de moi ? Qui est là ? ».
Le brouhaha nous rend cinglés, le torchon brûle psychiquement. Nous sommes à bout, tous ligotés par nos peurs. Au fond du trou se télescopent plusieurs hurlements d’horreur.
L’enfer travestit le malheur par un aléatoire bonheur… Des cris d’affolements qui trahissent un illusoire bonheur dans une foire de déments, là-haut, là où les vanités dansent insouciantes avec frivolité. Là-haut ils nous pissent sur le visage, en bas ‘pauvres diables’ que nous sommes, nous subissons et nous sourions de circonstance.
Zappés puis reprogrammés de zéro à l’obsolescence, nous apprenons à nous taire tout en écoutant le Ciel gronder sa rage – encore une – expiatoire qu’il nous subit… À travers mon âme, je l’enflamme. J’inaugure l’injure, la révolte et la vengeance contre ce maudit Paradis.
Éden, satané Éden, toi qui me sangle, toi qui me saigne les veines.
Les soleils séduisent nombre d’anges perdus, l’éclaircie pervertit nombre d’anges déçus.
La corruption n’est plus une indécence, ni même un outrage, bien au contraire…
Désormais la corruption c’est du politiquement correcte, elle est familière à l’éthique de principe lors de l’apprentissage dans l’existence. La sournoiserie, la bassesse et la trahison font partie du vocabulaire des anges déçus… Ne faire confiance à quiconque c’est la règle d’or… Il y a un adage qui inscrit « si la parole est d’argent alors le silence est d’or », en bas tout au fond des limbes, être muet est signe de prudence. Ça nous garantit de rester en vie.
Chaque émotion devient une faiblesse. Chaque désir, chaque songe, chaque érotisme, ils sont une arme efficace contre soi-même. Ils deviennent un blâme si l’on ne veut pas se faire manipuler ou être malléable dans les mains des insolents de là-haut, eux dont la perfide, le machiavélique n’a jamais d’égal ni de fin.
Attendre et croupir sans espoir dans une agonie d’une mort, froide, lente et dépressive.
L’opium qui s’étale en pèlerinage dans plusieurs églises, ici-bas, c’est une déférence envers nombres de mensonges, tous rédigés par ces menteurs électoraux, eux qui font de fausses promesses, des simulacres de diffuseurs de pain près du Jourdain. Des prometteurs plutôt promoteurs comme d’arracheurs de dents bas de gamme dans la fête foraine bon marché.
L’enfer nous régale encore de surprises, en bas nous sommes régulièrement étonnés de voir qu’il est possible de descendre encore plus bas.
Éden me saigne toujours l’être, j’en giclerai autant de souffrances par mes veines.
L’existence se conjugue avec de la flemme, dépressive, parfois passive, elle revêt un goût de rognons d’une amère saveur de mort… Le vide se prélasse à travers les cantiques d’une routine, il étouffe l’envie et il assassine toute forme de motivation…
Au fond des ombres, il n’y a plus à se questionner si « être ou ne pas être » puisqu’elle m’a poussé vers une danse aux pas macabres… Elle m’a démontré de loin qu’elle me méprisait et qu’elle me haïssait parce que je l’aimais… Elle m’a aidé à tenir proprement le couteau qui trancha mes poignets tel un goret… Si je me suis cloîtré, si je suis sanglé en bas, tout au fond du gouffre purgatoire, je l’ai fait, je me le suis infligé à cause de mes sentiments, pour elle et pour un tas de belles qui squattent mon triste cœur… À cause de mes satanées émotions que j’éprouve envers elle… La romance a tué ma vie, elle l’a butée, si je souhaite m’en sortir, si je veux m’enfuir d’ici, je dois m’endurcir encore plus sombrement et la quitter, froidement.
Oublier l’amoureux et faire grandir l’esclave obéissant… Ni devenir, ni mourir, juste servir et obéir, sans émettre un verbe contestataire… Être amoureux d’elle, ça n’appartient qu’à l’élite, malades mentaux qui festoient et qui dansent avec arrogance dans une profonde décadence.
L’aurore est sale, l’éclaircie est folle… L’aurore est salement dégueulasse…
L’éclaircie c’est une crasse maladive… Ça y est, peut-être que je commence à guérir… Ils vont peut-être me laisser sortir… Peut-être qu’avec cynisme et pessimisme je pourrais parvenir à fuir ce labyrinthe damné… Même si je ne suis ici-bas que pour obéir et servir… Sans elle…

